Trois ans après le début de la Guerre en Ukraine, les acteurs du domaine de la défense en France pointent l’intérêt grandissant des fonds, business angels et banques pour financer les drones, les systèmes de guidage par IA, les logiciels de communication en terrains de crise… Le secteur peinait jusqu’alors à attirer les investisseurs privés.
« En 2023, on a subi dix mois de redressement financier car on n’était pas parvenu à réaliser notre levée de fonds dans les temps prévus. Parce que les banques ne voulaient pas nous financer et les fonds ne comprenaient pas les contraintes spécifiques de notre secteur. » Un épisode compliqué qui est désormais du passé pour la start-up Elika Team, qui développe une solution linguistique opérationnelle pour communiquer sur un terrain de crise. En 2024, elle a en effet réussi à lever 1 million d’euros. « On a senti une prise de conscience après le début de la guerre en Ukraine », raconte Karine Joyeux, à la tête de la start-up. Aujourd’hui, celle-ci est accompagnée à 100% par des investisseurs français dont des acteurs privés comme Défense Angels, un réseau créé début 2022, ou encore la société d’investissement One Green.
Comme Karine Joyeux, les acteurs du secteur l’affirment : le contexte géopolitique a ramené la question du financement de l’innovation française dans la sécurité et la défense au centre du débat. Et pour cause. Les besoins opérationnels sont désormais reconnus par des banques, business angels, fonds, qui se multiplient pour y répondre. « Aujourd’hui des banques comme des fonds viennent discuter avec nous, pour compléter nos investissements. Avant la guerre en Ukraine, c’était inimaginable », confirme Guy Gourevitch, président de Défense Angels. Ce réseau qui a déjà investi dans 25 start-up prévoit lui aussi de créer plusieurs fonds privés spécialisés dans la défense en 2025.

